Richard Schlang est assurément photographe, ce que révèle la qualité intrinsèque de ses images dont il assure lui-même la prise de vue, le cadrage et la lumière. Il en a acquis la technique nécessaire grâce à ses études menées brillamment à l’Ecole Nationale Supérieure des Beaux-Arts (ENSBA). Ce n’est qu’en 2007, qu’il définit pleinement sa trajectoire artistique. A partir de la vision de l’objectif, il construit dans des séries de photographies nommées « Détails », des œuvres utopiques, y projetant sa vision du monde, son « univers » mental, croisant des préoccupations plastiques en résonance avec ce qu’il cherche a rendre visible. Ses œuvres, parfois misent côte à côte, interagissent entre elles et apportent par là une nouvelle signification, à la manière d’une narration. 

Dans sa photographie qui est à la fois mémoire du sujet, de son histoire - parfois d’histoires parallèles - et de sa métamorphose poétique, Richard Schlang met aussi en évidence la relation problématique entre détails, temps et émotion. La dimension temporelle et sensuelle est mise en lumière par l’exposition de courbes féminines ou des objets trainants léthargiques au détour d’une rue. A l’atmosphère prenante des peintures d’Edward Hopper s’ajoute ici la subjectivité de l’empreinte de Win Wenders. Les Polaroïds Pop Art de David Hockney et le travail technique sophistiqué de Nam June-Paik, font également partie des inspirations de l’artiste. 

Quelque chose de l’ordre d’un nouveau vécu est alors à l’œuvre dans l’image, une dimension spirituelle qui advient de l’hallucination, d’une réalité dérobée pour être transcendée en rêves. Par la manipulation du détail d’un objet, d’une émotion ou d’un instant, les photographies présentent un hors-champ, directement connecté aux sens. C’est à l’expérience de celle-ci que l’œuvre de Richard Schlang convoque.

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